Ils ont dit…FO a dit…..

 

L’INDEPENDANCE SYNDICALE ENTRE PARENTHESES

Article de Jean Francis Pecresse , parut dans les Echos le 1/02/2012

Bras dessus, bras dessous. Ils n’étaient pas moins de quatre candidats, dont celui du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, ovationné par les militants, à assister, hier, au meeting de la CGT en faveur de la retraite à 60 ans. Syndicats et candidats, même combat ? Non seulement Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, virulent comme jamais, hier, contre Nicolas Sarkozy, ne craint plus la récupération politique, mais il affiche sans vergogne sa proximité partisane. Le 17 janvier, il s’est rendu au QG de Jean-Luc Mélenchon, où les deux hommes ont tenu une conférence de presse. Dans cette campagne, le numéro un de la CGT fait plus qu’appeler de ses voeux un « changement de président », il a la consigne de vote qui lui brûle les lèvres. Plus prudente, ou plus habile, la CFDT veille à ne pas exprimer publiquement sa préférence. Son secrétaire général, François Chérèque, a pris soin de banaliser sa rencontre avec François Hollande, le 12 janvier. Difficile de lui faire dire qu’il penche pour le candidat socialiste, même si cela tient du secret de Polichinelle. Et qu’un ex-cadre de la centrale, Jacky Bontems, soit devenu conseiller de François Hollande a, à vrai dire, peu de signification au regard de son empreinte sur la CFDT. Il serait trompeur de surestimer, à la lumière de l’héritage Delors, le rapprochement de François Chérèque et de François Hollande. La brouille née du soutien à la réforme des retraites de 2003 est certes refermée, mais cela ne suffit pas à renouer un lien distendu depuis trente ans. François Chérèque et Martine Aubry ne se parlent toujours pas.

Sur le fond, ce ne sont pas les désaccords qui manquent, ni sur la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, ni sur les effectifs de fonctionnaires. Si la CFDT parvient à ne pas dépasser une neutralité plutôt bienveillante envers François Hollande, elle peine à contenir un antisarkozysme débordant. « La quasi-totalité des responsables CFDT n’ont pas envie que Nicolas Sarkozy soit réélu », concède Marcel Grignard, secrétaire général adjoint. Affectant jusqu’à Force ouvrière, la plus farouchement indépendante des « trois grandes », ce phénomène d’opinion contribue à faire de 2012 un moment particulier de l’histoire des relations entre syndicalisme et politique.

Cela s’explique par la nature singulière du quinquennat qui s’achève : en se posant comme l’interlocuteur direct des syndicats, le chef de l’Etat a présidentialisé les relations sociales. Tout en respectant le champ de la négociation, l’agenda social s’est écrit à l’Elysée. Pas étonnant, donc, que les syndicats se tiennent aujourd’hui si près de l’élection présidentielle. Ce réengagement politique était perceptible à quelques signaux, ces dernières années. En janvier 2011, Bernard Thibault a boycotté les voeux du président. En juin 2010, Marisol Touraine, secrétaire nationale du PS, s’est rendue au congrès de la CFDT. Et en 2005, déjà, avant le référendum sur le Traité constitutionnel européen, le secrétaire général de la CGT avait été contraint par son comité confédéral à prendre position pour le « non ».

Prévisible, la relative repolitisation syndicale de 2012 n’en rompt pas moins avec un quart de siècle d’autonomie affirmée. Pour la CGT, celle-ci s’engage à la fin des années 1980, lorsque Henri Krasucki, conscient du risque de voir le Parti communiste entraîner le syndicat dans sa chute, commence à vouloir « desserrer l’étreinte ». Dès 1985, il proclamait la CGT « indépendante de tout gouvernement, de toute église et de tout parti ». La dépolitisation de la CGT est poursuivie, après 1992, par Louis Viannet, qui se retire du bureau politique du PCF. Aujourd’hui, le secrétaire général du syndicat ne siège plus de droit au comité central. Le rapprochement de Bernard Thibault et de Jean-Luc Mélenchon peut donc évoquer un recul de l’histoire, à ceci près que ce n’est plus le syndicat qui est la « courroie de transmission » du parti, mais l’inverse.

La « décolonisation » de la CFDT remonte plus loin, à la toute fin des années 1970, lorsque Edmond Maire proposa de « penser le changement indépendamment du politique ». Ce processus d’autonomisation fut interrompu, en 1981, par la victoire inattendue de François Mitterrand, le pouvoir intégrant alors, faute de cadres sociaux, une partie des dirigeants cédétistes, dont Jacques Chérèque, père de l’actuel secrétaire général. Puis il reprit en 1984, après le tournant de la rigueur. Aujourd’hui, sur neuf membres de la commission exécutive de la CFDT, seuls deux auraient encore leur carte du PS. La tendance à l’indépendance s’est accentuée depuis, en France comme dans tous les pays européens, y compris au Nord et en Italie, où la culture sociale-démocrate du lien institutionnel entre syndicat et parti était très forte. Ce desserrement, toujours à l’initiative du syndicat, a pris plusieurs formes : rupture du lien financier avec le parti comme au Danemark, fin du soutien électoral comme en Allemagne…

Pour être inhabituel, l’engagement des syndicats français dans la campagne présidentielle est-il profond, durable ? Ce n’est pas l’avis de Jean-Marie Pernot, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires) et auteur d’un livre de référence sur le syndicalisme (1). Pour lui, ce positionnement tient surtout au « phénomène Sarkozy » et ne traduit pas « une inversion de tendance durable ». Les syndicats ne font que mettre leur indépendance entre parenthèses. De manière originale, Jean-Marie Pernot pense d’ailleurs qu’ils ne font pas là un choix payant. Car, observe-t-il, « ils n’ont pas été récompensés en audience de leur autonomie. L’idée que les salariés n’adhéraient pas aux syndicats parce qu’ils étaient trop politisés, cette idée ne leur a pas servi. » Au fond, la CGT, de loin la plus engagée, pourrait mener une campagne (syndicale) dans la campagne (présidentielle). « Le fait que, par une attitude populiste, elle puisse engranger du crédit auprès de la population, c’est possible », analyse Marcel Grignard (CFDT). Mais, pour la CFDT, pas question de se donner à la gauche : « Si elle gagne, elle devra trouver des compromis et nous serons fermes sur les prix ». Mais si la gauche perd ?

(1) « Syndicats, lendemains de crise ? » (nouvelle édition revue et augmentée en 2011) Gallimard, Folio actuel.Jean-Francis Pécresse est éditorialiste aux « Echos »

Les Echos
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Le Secrétaire Général de la CFDT et la Fonction PubliqueLibération a publié le 17 janvier dernier une tribune de François CHEREQUE. Bien que la Confédération CFDT soit revenue sur les propos de ce dernier, il n’en demeure pas moins que le Secrétaire Général de la CFDT confirme que le syndicat est le « passeur de plats à l’UMP« .

Qu’a écrit François CHEREQUE ?

  » Le débat doit aussi porter sur la nature de ces services : il y a des fonctions régaliennes à maintenir sous l’autorité directe de l’Etat (parmi elles, le triptyque police-armée-justice) qui doivent être assurées par des fonctionnaires avec des obligations d’impartialité, de continuité, d’égalité de traitement, qui justifient les garanties protectrices de leur statut. Ces obligations ne peuvent pas se permettre de varier selon les changements politiques.

Pour l’ensemble des autres missions, qu’elles soient conduites par le public ou par des opérateurs privés, l’Etat doit assurer contrôle, évaluation et péréquation afin de garantir la cohésion, la solidarité et l’objectif de réduire les déséquilibres territoriaux et sociaux. Une mission de service public ne se résume pas à la forme juridique de l’entreprise ou au statut du personnel. Un salarié du privé qui assure une mission de service public n’est pas moins républicain qu’un fonctionnaire qui effectue la même tâche.  »

On peut juridiquement penser que ce n’est pas faux ! Et que les concessions de service public existent en droit.

Seulement depuis quelques semaines, il y a des évènements qui ne sont pas anodins et qui n’ont pas échappé au Secrétaire Général de la CFDT comme la proposition de Christian JACOB de supprimer « l’emploi à vie des fonctionnaires » ou encore, la semaine dernière, le dépôt par Jean-François MANCEL d’une proposition de loi visant à limiter le statut de la Fonction Publique aux missions régaliennes.

On se souvient des discours de M. SARKOZY à Nantes en 2008 par rapport aux salaires ou encore aux concours soi-disant trop académiques, rigides et donc ringards.

François CHEREQUE va beaucoup plus loin !

Ainsi tout gouvernement qui développerait les concessions de service public dans le champ des missions non régaliennes ne rencontrerait pas d’opposition de sa part.

Camarades employeurs, qu’on se le dise ! En dehors de la police, de l’armée et de la justice, et peut-être de l’instruction publique, l’Etat a un mandat en blanc de la CFDT pour contractualiser.

Les fonctionnaires « non régaliens » adhérents de la CFDT apprécieront… les autres aussi !

Didier ROSEZ, secrétaire FO de la Fédération des Services Publics(FSPS)

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